Gilbert du Motier de La Fayette

Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, dit « La Fayette », né le au château de Chavaniac, paroisse de Saint-Georges-d’Aurac (province d’Auvergne, actuellement Chavaniac-Lafayette dans la Haute-Loire) et mort le à Paris, est un noble d’orientation libérale, officier et homme politique français. Nommé général par George Washington, Lafayette a joué un rôle décisif aux côtés des Américains dans leur guerre d’indépendance contre le pouvoir colonial britannique et en particulier lors de la victoire de Yorktown le 19 octobre 1781. Lafayette a aussi œuvré à l’émergence en France d’un pouvoir royal moderne, avant de devenir une personnalité de la Révolution française jusqu’à son émigration, son arrestation et sa mise en prison pour cinq ans en 1792. Lafayette fut aussi un acteur politique majeur des débuts de la monarchie de Juillet. Surnommé le « héros des deux mondes », il est l’un des huit citoyens d’honneur des États-Unis d’Amérique.

Après la révolution de 1789, La Fayette décide de signer tous ses courriers d’un « Lafayette » en un seul mot, en réaction contre le système nobiliaire. C’est aussi la graphie utilisée par ses contemporains jusqu’à sa mort.

 

Portrait de Gilbert Motier, marquis de La Fayette, en uniforme de lieutenant-général de 1791, peint par Joseph-Désiré Court en 1834.

 

 

 

 

Issu d’une branche cadette de la Famille Motier de La Fayette, une trés ancienne famille de la noblesse d’Auvergne éteinte en 1891, dont la filiation remonte au XIIIe siècle avec Pons Motier, seigneur de la fayette (la branche aîné (éteinte en 1694) donna, Gilbert Motier de La Fayette, maréchal de France en 1421), Gilbert du Motier naît au château de Chavaniac le 6 septembre 1757. Le nom de La Fayette vient de la terre du même nom, située dans l’actuelle commune d’Aix-la-Fayette, près de Saint-Germain-l’Herm (Puy-de-Dôme).

Son nom complet est Marie-Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, mais il est généralement désigné comme marquis de La Fayette ou de Lafayette. Son biographe Louis R. Gottschalk (en) indique que l’intéressé orthographiait son nom aussi bien sous la forme « Lafayette » que sous la forme « La Fayette ».

Son père, Michel Louis Christophe du Motier, marquis de La Fayette (), colonel aux Grenadiers de France, meurt en Westphalie à l’âge de vingt-six ans, tué par un boulet de canon au cours de la bataille de Minden, le 1er août 1759, dans les bras du comte de Broglie. Sa mère, Marie Louise Jolie de La Rivière,d’une riche et noble famille de Saint-Brieuc, née en 1737, se retire à Paris au Palais du Luxembourg. Élevé par ses tantes et par sa grand-mère, Gilbert passe à Chavaniac une enfance libre et protégée dans les forêts d’Auvergne et rêve, à neuf ans, de chasser la bête du Gévaudan.

Sa mère meurt le 3 avril 1770. À l’âge de 12 ans, La Fayette se trouve orphelin, seul héritier potentiel de la fortune de son grand-père maternel, le marquis de La Rivière, qui meurt à son tour le 24 avril 1770 et lui laisse une rente de 25 000 livres. À la même époque, un autre oncle meurt, lui laissant un revenu annuel de 120 000 livres ; ces 145 000 livres de revenu font de lui un des hommes les plus riches de France.

Son arrière-grand-père, le comte de La Rivière, ancien lieutenant général des Armées du Roi, le fait venir à Paris pour son éducation. Il étudie jusqu’en 1771 au collège du Plessis (actuel lycée Louis-le-Grand) et suit parallèlement une formation d’élève-officier à la compagnie des mousquetaires noirs du roi. Il suit également les cours de l’Académie militaire de Versailles.

Le 11 avril 1774, à 17 ans, il épouse Marie Adrienne Françoise de Noailles (1759-1807) fille du duc d’Ayen, dotée de 200 000 livres. C’est un mariage arrangé, qui laissera place à une réelle affection entre les époux, malmenée régulièrement par les infidélité du marquis. De ce mariage naîtront un fils et trois filles :

  • Henriette (1776-1778)
  • Anastasie (1777-1863), qui épousera Juste-Charles de Latour-Maubourg (1774-1824) le (par elle, le marquis est l’aïeul de Paola Ruffo di Calabria, l’ancienne Reine des Belges, épouse du Roi Albert II) ;
  • Georges Washington de La Fayette (1779-1849), qui épousera Émilie d’Estutt de Tracy.
  • Virginie (1782-1849), qui épousera le Louis de Lasteyrie du Saillant (1781-1826) ;

Les Noailles, apparentés à Madame de Maintenon, sont une des plus anciennes familles de la Cour de France ; La Fayette y est présenté dès le printemps 1774. Mais il n’y obtient aucun succès. Attaché à ses libertés, dépourvu d’esprit courtisan, il fait avorter les tentatives de son beau-père visant à lui faire obtenir une situation intéressante.

 

août 4, 2017